Translate

jeudi 19 mars 2020

850 T/Squire

Depuis (trop) longtemps, je n’ai plus de side Guzzi.
Un membre du forum MZ en signale un dans le bon coin:
Une 850 T3 de 1976 attelée à ce qui ressemble à un side Watsonian, un summum de l’élégance britannique.
Quelques coups de fil avec le propriétaire, envoi de photos, le prix me convient, je décide de faire affaire.
La moto se trouve proche de Montceau-les-Mines, j’envisage l’aller en train et retour par la route (720 km quand même).
C’est jeudi matin, je prends la météo, et, horreur, découvre que malgré le réchauffement, c’est le Pôle Nord qui débarque dans 2 jours !
Coup de fil à l’assurance, je réserve un hôtel à Charolles, je récupère la Katha qui n’avait rien de spécial à faire, et nous voilà partis !
Arrivons à la nuit, à la lumière de mon téléphone, je découvre la bête , et surtout des solutions techniques étonnantes !
Un rapide tour dans les environs pour juger du contenu des entrailles de la bonne vieille Guzzi,et l’affaire est conclue.
Rejoignons Charolles où je m’offre un tête à tête divin avec 400 g de Charolais et un Crozes Ermitage.
Andrea préfère son Charolais en petits bouts...



Je vous fais tout de même voir la moto :


Vendredi 18 janvier 2019, au matin, -2°C, je fais les niveaux, équipe la brêle des manchons et du tablier, et décolle à 10 H, histoire de ne pas rouler sur des plaques de glace.


Le but étant de rentrer se mettre au chaud au plus vite, l’itinéraire choisi est Charolles, Vichy, Clermont et la A75 jusqu’à Séverac-le-château, et Rodez.
La température a oscillé entre -2 et -4, avec toutefois un grand coup de chaleur à + 6° en arrivant à Rodez vers 17 H.
Depuis le départ, je sais ce que ressentent un Mr. Freeze (ou un cap’tain Igloo)
Je me suis fait mon hivernale à un seul participant, et n’ai finalement eu froid qu’aux mains et aux épaules.


Sans le tablier et les manchons, je n’y serais pas arrivé.
(Je profite pour faire remarquer au public ébahi que l’on trouve dans le sud-ouest d’excellents manchons de canard à un prix acceptable)

A Rodez, choisissons un Campanile pour la baignoire, dans laquelle je marine jusqu’à l’heure du dîner.
Au plume vers 21H, réveil à 9H, j’ai dormi 12H !!!
Copieux petit déj’, départ peu avant 11H, il ne reste plus que 250 km, il ne gèle même pas, c’est sur un filet de gaz que je rejoins la place Carlo Guzzi, il est 14 H30.


Il ne va pas rester comme ça !
J'ai horreur du bordeaux (la couleur) et j'ai quelques idées...
Il entre en atelier, quelques photos de son aspect quand il était vieux :





Le panier est déposé, le châssis aussi avec l' aide de Biquette


J'ai décidé de faire le montage à blanc à l'envers, et pose le tête de fourche pour déterminer la hauteur du guidon.
Le réservoir sera un LM II, la selle aussi sera remplacée.



Le "toit" de l'aquarium à chihuahua va devenir le couvercle du coffre du panier.
Pour cela, il doit être élargi et rallongé.
C'est René, expert polyester, qui s'y colle !







30 décembre 2019, il est temps de commencer, et d'abord par le remontage du moteur .

Je ne résiste pas au coup du "avant-après"





Le circuit de lubrification

Pour adapter un filtre à huile extérieur, et un radiateur d'huile, le carter inférieur doit être modifié.




Les culasses subissent le "traitement spécial", ou multiplication des bougies.
C'est Romain l'artiste à la fraiseuse


Une deuxième bougie apporte vraiment du bonheur : Démarrage rien qu' en montrant la clé, puissance augmentée, consommation diminuée


Bien entendu, la BV est entièrement refaite




La mécanique rejoint enfin le cadre !


Le remontage se poursuit, la fourche Beringer reçoit deux superbes amortisseurs "Shock Factory" (merci Jacky !)


Qui dit 4 bougies dit 4 bobines, elles proviennent de 2 V11, montées à la place de la batterie.


L' emplacement que j'ai choisi pour loger le bazar électrique


Le maître-cylindre AR est logé dans une boîte à outils de V7.
(quand j' écris "V7", je parle des vraies, celles en fer !)





Je ne voulais pas démonter le chassis side pour peinture afin de ne pas devoir refaire les réglages, mais plus je vois la moto sur la table, plus je me dis que ce n' est pas possible de ne pas le faire.
Sans rien démonter, je charge le break de chasse, et direction chez le peintre !


Les étriers sont rhabillés de neuf, je confectionne les flexibles


L' échappement aussi est monté, j' ai choisi celui du 1000 Quota, qui me libère le côté gauche



Garde-boue et guidon V7 Sport, les supports de phare Calif III deviennent supports du nez de cochon.
Maître-cylindre V11 (je n'en ai pas d'autre !)


Nous sommes le 23 mars, je suis confiné comme tout le monde, mon chantier avance !
Enfin, elle commence à ressembler à une moto !
Je me suis emboucané pas possible pour monter le tête de fourche pour la bonne raison que, n' étant pas un poulpe, il me manque quelques bras, mais le résultat me convient.





Vous avez sans doute remarqué l'absence de tableau de bord.
Moi aussi, alors, j' ai dû en fabriquer un



31 mars, je commence le faisceau.
Pendant plusieurs jours un certain temps, il n' y aura pas de photos...


Le tableau de bord est terminé, il est monté sur silent-blocs, maintenant commence le travail "fin", plein de petits fils à mettre en place, maintenir et souder avec mes gros doigts...


9 avril, j' ai terminé la première partie.
Tout ce que j' ai pu vérifier fonctionne, tous les circuits sont séparés et ont chacun leur fusible.




Il reste encore le plus délicat, raccorder quelques fils aux témoins lumineux, au cadrans...
Je continuerai lundi .


Pour faire passer les fils, j' ai déposé le carénage.


Le tableau de bord est fixé par l' intermédiaire de 3 silent-blocs


J' en profite pour trianguler le support du carénage


Tableau de bord câblé :
Compteur GPS
Compte tours (origine Guzzi)
Voltmètre
Pression d' huile
Température d' huile
Voyants:
Clignotants D et G
Pression mini
Point mort
Feu de route

Yapuka relier tout ça au faisceau...



C' est fait.
Le tableau de bord est démontable simplement en déconnectant une fiche multibroche de caisse.






C 'est pas tout, mais il y a aussi le pont à remonter...


Le pot n' est pas fixé, il tient sur le tirant supérieur qui est chez le peintre.
Les fils en attente sont pour les feux du panier.


Nico, guzziste savoyard, me demande comment est fixée la selle.
Bonne question.
La selle est une copie de la selle de S3, et est, à mon avis, parmi ce que Guzzi a fait de mieux :
L' esthétique, le confort de l' assise, et la fixation à l' arrière du cadre, qui lui sert à basculer et  s' ouvrir largement.
Pour cela, afin que le garde-boue ne soit pas arrêté par la roue, celui-ci pivote grâce à un axe le reliant à la selle (V7 Sport).
Cette pièce n' existe plus, j' en ai fabriqué une à partir d' un garde-boue de T3.






29 avril : Les rétros sont arrivés hier, leur montage me permet d' habiller le guidon, j' arrive au bout, encore les 2 carbus à remonter, confectionner les câbles, et puis...
Je serai arrêté, bloqué par le fait qu' il me faut monter le châssis du side pour y fixer radiateur et filtre à huile.
Les flexibles hydrauliques seront alors confectionnés "sur mesure".
Bien entendu, le moteur étant vide, il ne peut démarrer...
Si nous avons la chance de pouvoir nous déplacer après le 11 mai, je pourrais récupérer le châssis chez le peintre...




Demain, ce sera le 30 avril, une pensée pour nos frères de la Légion.

C' est reparti, nous sommes le 21 mai, les carbus sont montés


Un peu de plomberie aussi pour les reniflards moteur et culasses


Et dimanche dernier, j' ai délinqué grâve en allant chercher le châssis du side.
J' ai même rencontré un artisan qui, non seulement est des plus sympas, mais en plus, est de parole !


Ce matin, à 8 heures :


Et à 14 heures :


Aujourd'hui, j' ai tout serré, et monté l' échappement.


C' est un  superbe Mistral, ça passe très proche, mais tant que c' est proche, ça ne touche pas.



Une plaque d'alu taillée, fixée sur le tirant avant va recevoir le support de filtre


Le support de filtre (il est vraiment très beau) est taillé dans la masse et permet le montage d'un filtre de grande contenance.


Le radiateur d'huile est fixé sur le tube du cadre du panier. Comme le porte-filtre, il est maintenu par des colliers Stauff.
Montage sur deux silent-blocs en partie basse.


Il n' est pas dans le "bon" sens, mais la place n'y est pas.
(sur les Griso, il a la même orientation, mais est placé contre le bloc, au dessous du cylindre)
Et puis, j'ai un témoin de température d'huile pour vérifier que tout va bien.



30 mai: J'ai reçu les roulements, le moyeu est monté !
Il n'y a rien de plus vexant pour un sidecar que de n'avoir que deux roues.
La troisième roue est enfin mise en place.


Dans le respect de la tradition, une bouteille de champagne est aussitôt sacrifiée, et partagée entre la moto et moi.


Le support de filtre est chez le tourneur pour usinage des implantations des capteurs de pression et température d'huile.
Je commanderai mardi les composants du circuit de lubrification, que je réaliserai moi-même en personne tout seul.
Je peux habiller le panier...

Dimanche : On ne va pas y passer le réveillon, mais rien de compliqué à faire :




2 août : Après une longue interruption due à (en vrac: tendance ostéophytique, gonarthrose évolutive, poussée inflammatoire...) je m'y remets enfin.
En bref, plus possible de plier le genou.
Ceux qui me lisez, faites pas les andouilles, ne vieillissez pas !!!

Il y a désormais de nouveaux outils dans mon bouclard :
De G. à D: Le déambulateur, le déplace-mécano, le déplace-mécano travaux bas.
Appuyée sur la table, l'auxiliaire de déplacement.


Le bac à huile est revenu, sauvé et retravaillé par Didier.
(Les filetages que j'avais réalisés n'étaient pas étanches avec la pression d'huile)
Didier a taraudé plus gros et usiné 3 bagues pour rattraper mes bêtises



Le circuit d'huile est enfin opérationnel : La bague la plus à droite reçoit le capteur de température d'huile.




L'amortisseur de direction est remplacé, il limitait le braquage à gauche.
Il est désormais monté sur deux rotules.



A suivre...